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Self-fashioning renaissant et la réinvention de l’enseignant-chercheur à l’ère de l’intelligence artificielle

Le développement accéléré des technologies numériques, l’émergence de l’intelligence artificielle et la circulation globale des discours redéfinissent aujourd’hui la posture de l’enseignant-chercheur.

Prof. drd. Virginia Brăescu
Université « Vasile Alecsandri » Bacău, Roumanie

Le monde contemporain traverse une période de mutations profondes qui transforment radicalement notre rapport au savoir, à l’identité professionnelle et à la production de connaissances. Cette réflexion trouve aujourd’hui une résonance particulière dans la manière dont l’enseignant-chercheur contemporain est amené à reconstruire continuellement sa posture intellectuelle, pédagogique et numérique. Celui-ci ne peut plus être envisagé uniquement comme un transmetteur de savoirs stabilisés, mais devient un médiateur culturel, un créateur de sens et un acteur réflexif de la transformation éducative.

Dans ce contexte, le concept de self-fashioning, développé par Stephen Greenblatt dans le cadre des études renaissantes, offre une perspective particulièrement féconde pour penser la réinvention contemporaine de l’identité professionnelle. La Renaissance marque en effet l’émergence d’une conscience nouvelle du sujet capable de se construire à travers le langage, la culture, la représentation et l’expérience. L’identité n’y apparaît plus comme une essence fixe, mais comme une construction dynamique, façonnée dans l’interaction avec le monde et avec autrui.

Dans le livre Renaissance Self-Fashioning, Stephen Greenblatt montre que l’homme de la Renaissance développe une conscience aiguë de sa propre représentation sociale et culturelle. Le sujet renaissant construit son identité à travers le discours, les codes symboliques, les pratiques culturelles et la mise en scène de soi. Le self-fashioning désigne ainsi un processus de modelage identitaire où l’individu devient, en quelque sorte, l’auteur de sa propre posture.

Cette dynamique apparaît dans un contexte historique marqué par les grandes découvertes, l’humanisme, les bouleversements religieux et l’élargissement des horizons culturels. Face à un monde en transformation, le sujet renaissant doit apprendre à négocier son rapport à l’altérité, au pouvoir, au savoir et à lui-même.

Le self-fashioning n’est donc pas un simple exercice esthétique ou narcissique. Il constitue une stratégie intellectuelle et existentielle de positionnement dans un univers instable. L’individu construit son identité dans un mouvement permanent d’adaptation, de médiation et de reconfiguration symbolique.

Cette perspective permet d’interroger de manière particulièrement pertinente la condition de l’enseignant-chercheur contemporain.

L’enseignant-chercheur contemporain : une identité en mouvement

Aujourd’hui, les mutations technologiques et culturelles obligent l’enseignant-chercheur à repenser profondément son rôle. L’autorité traditionnelle fondée sur la détention exclusive du savoir s’efface progressivement au profit d’une posture plus ouverte, collaborative et réflexive.

L’intelligence artificielle transforme radicalement les modes d’accès à l’information, les pratiques de lecture, d’écriture et de recherche. Les savoirs circulent désormais dans des espaces numériques multiples, hybrides et souvent instables. Dans ce contexte, l’enseignant ne peut plus se limiter à transmettre des contenus. Il doit apprendre à accompagner, orienter, interpréter et organiser le sens.

Cette évolution implique une véritable réinvention de l’identité professionnelle. L’enseignant-chercheur devient simultanément pédagogue, médiateur numérique, concepteur de dispositifs d’apprentissage, créateur de contenus, chercheur interdisciplinaire et acteur de la médiation culturelle.

À l’image du sujet renaissant analysé par Greenblatt, il construit sa posture dans un processus continu de self-fashioning professionnel. Son identité se façonne à travers les pratiques numériques, les interactions internationales, la visibilité académique, les projets collaboratifs et la capacité à articuler tradition humaniste et innovation technologique.

De la transmission du savoir à la médiation du sens

L’une des transformations majeures de l’enseignement contemporain réside dans le passage d’une logique de transmission à une logique de médiation. Le professeur n’est plus uniquement celui qui détient le savoir, mais celui qui aide à construire une relation critique, éthique et réflexive à la connaissance.

Dans un univers dominé par la surabondance informationnelle et les productions générées par l’intelligence artificielle, la compétence essentielle devient la capacité d’interprétation. L’enseignant-chercheur doit apprendre à guider les apprenants dans la sélection, l’analyse et la contextualisation des informations.

Cette nouvelle posture rejoint profondément l’esprit humaniste de la Renaissance. Comme l’humaniste renaissant, le chercheur contemporain doit développer une pensée transversale, ouverte sur plusieurs disciplines et attentive aux interactions entre culture, langage, technique et société.

Le self-fashioning contemporain ne repose donc plus seulement sur la maîtrise du discours savant, mais également sur la capacité à construire des ponts entre différents espaces de connaissance.

Intelligence artificielle et réinvention herméneutique

L’intelligence artificielle constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de reconfiguration de l’identité professionnelle des enseignants et des chercheurs. Elle modifie non seulement les outils de travail, mais également les représentations du savoir, de la créativité et de l’autorité intellectuelle.

Cependant, loin d’annoncer la disparition de l’enseignant, cette mutation technologique met davantage en valeur la dimension profondément humaine de l’éducation. L’intelligence artificielle peut produire des textes, synthétiser des données ou automatiser certaines tâches cognitives, mais elle ne peut remplacer ni la conscience critique, ni la sensibilité interprétative, ni l’intuition herméneutique.

Dans ce contexte, le rôle de l’enseignant-chercheur évolue vers une fonction de médiation complexe entre intelligence humaine et intelligence artificielle. Il devient un organisateur du sens, un filtre critique et un garant de la profondeur culturelle dans un univers marqué par l’accélération et la fragmentation des discours.

Cette situation exige une nouvelle forme de réflexivité professionnelle. L’enseignant-chercheur doit continuellement réévaluer ses pratiques, ses outils, sa posture et sa relation au savoir. Son identité professionnelle devient ainsi un processus ouvert, évolutif et dynamique.

La réinvention de soi comme éthique professionnelle

La réinvention contemporaine de l’enseignant-chercheur ne relève pas uniquement d’une adaptation technique aux nouvelles technologies. Elle constitue également une démarche éthique et existentielle.

Se réinventer signifie accepter l’incertitude, apprendre continuellement, traverser les transformations culturelles sans perdre les fondements humanistes de l’éducation. Cela suppose également une capacité de réflexion sur soi, sur ses pratiques et sur sa manière d’habiter le monde académique contemporain.

Dans cette perspective, le self-fashioning peut être compris comme une forme de pédagogie du devenir. L’identité professionnelle n’est jamais définitivement achevée ; elle se construit à travers l’expérience, la recherche, le dialogue et l’ouverture à l’altérité.

L’enseignant-chercheur devient ainsi un « passeur » entre mémoire et innovation, entre patrimoine culturel et nouvelles formes d’intelligence numérique. Son rôle consiste non seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à maintenir vivante la capacité humaine de penser, d’interpréter et de créer du sens.

En guise de conclusion

Le concept de self-fashioning élaboré par Stephen Greenblatt dans le contexte de la Renaissance offre aujourd’hui une grille de lecture particulièrement pertinente pour comprendre la réinvention contemporaine de l’enseignant-chercheur.

Comme le sujet renaissant confronté à un monde en profonde mutation, l’enseignant contemporain doit apprendre à construire son identité dans un environnement marqué par l’incertitude, la mobilité des savoirs et les transformations technologiques.

L’intelligence artificielle ne remet pas en cause la nécessité de l’enseignant-chercheur ; elle redéfinit au contraire sa mission. Celle-ci ne repose plus uniquement sur la transmission de contenus, mais sur la capacité à créer du sens, à développer l’esprit critique et à accompagner les individus dans la compréhension du monde contemporain.

Ainsi, le véritable enjeu de l’éducation actuelle ne réside pas dans l’opposition entre tradition et innovation, mais dans la capacité à articuler humanisme et intelligence artificielle dans une nouvelle forme de médiation culturelle et herméneutique.

Le self-fashioning contemporain devient alors une dynamique permanente de réinvention intellectuelle, pédagogique et humaine.

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Le Colloque international d’Ouarzazate ou l’art de traverser un rêve éveillé

Le Maroc habitait déjà mon imaginaire bien avant ce voyage. Il existait en moi comme une terre intérieure faite de lumière, de récits anciens, de voix mêlées, de désert, de cinéma et de poésie. Pendant des années, je l’avais traversé par les livres, les rencontres francophones en ligne, les conversations avec mes amis marocains, les images entrevues dans les films ou les documentaires. Mais rien ne prépare vraiment à ce moment suspendu où un pays imaginé devient soudain réel.

Peu à peu, la lumière changeait de texture. À travers le hublot, la terre apparaissait par fragments, comme des plans successifs surgissant d’un film silencieux. Les reliefs bruns, les lignes minérales, les nuances de sable et de cuivre semblaient émerger d’une mémoire très ancienne. Plus l’avion approchait du sol, plus une étrange émotion montait en moi — un mélange d’émerveillement, de gratitude, d’impatience et d’une douce incrédulité. J’avais l’impression de regarder un paysage que je connaissais déjà sans l’avoir jamais vu. Comme si quelque chose, profondément enfoui, reconnaissait cette lumière.

À l’aéroport de Marrakech, tout allait très vite, et pourtant chaque détail reste gravé avec une précision étonnante. Les premières voix entendues, l’air plus chaud, les couleurs, les silhouettes, les gestes… Et puis, cette image immense, projetée sur un panneau lumineux, s’est imprimée en moi avec une force inattendue : Maroc — le Royaume de la Lumière. Je crois que tout le voyage était déjà contenu dans ces mots. Une promesse. Une esthétique. Une manière d’habiter le monde. À cet instant précis, j’ai compris que je n’entrais pas seulement dans un pays, mais dans une expérience du regard.

Vint ensuite cet accueil, simple et profondément chaleureux.

À la sortie de l’aéroport, l’accueil chaleureux d’Adil Elmadhi, vice-président de la FIPF et président de la Ligue Marocaine des Professeurs de Français, ainsi que celui de sa famille, a immédiatement donné au voyage une profondeur humaine inattendue. Très vite, les échanges sont devenus fluides, spontanés, comme si la distance entre le Maroc et la Roumanie s’était soudain réduite à quelques sourires, quelques mots partagés et une même sensibilité francophone. Ce déplacement prenait alors une dimension beaucoup plus humaine et authentique. Il ne s’agissait plus uniquement d’un voyage lié à un colloque international, mais d’une véritable rencontre humaine, faite d’attention, de bienveillance et de simplicité.

Ce qui m’a touchée surtout, c’est cette impression rare d’être accueillie sans les masques formels que nous portons souvent dans les contextes professionnels ou institutionnels. Très vite, les titres, les fonctions et les protocoles se sont effacés derrière quelque chose de beaucoup plus authentique : le plaisir d’être ensemble, de parler librement, de partager un repas, une route, des histoires de vie, des éclats de rire et des silences naturels.

Cette proximité m’a permis de sentir, de l’intérieur, la texture des relations au sein d’une famille marocaine : l’attention portée aux autres, la place accordée aux enfants, les gestes spontanés de générosité, les regards complices, la manière de partager le temps et l’espace sans précipitation. À travers ces moments simples du quotidien, je découvrais un Maroc beaucoup plus véridique, profondément humain et relationnel, loin des images touristiques ou des représentations construites à distance. Leur présence a donné au séjour une lumière particulière, celle des liens sincères qui se créent naturellement entre les personnes, les familles, les cultures et les pays.

La médina respirait comme un organisme vivant, traversé de voix, de lumières, de parfums et de mouvements incessants. Avec Adil Elmadhi et sa famille, je découvrais la place Jamaa el-Fna comme un théâtre à ciel ouvert où chaque pas révélait une nouvelle scène. Les étals illuminés semblaient flotter dans la nuit chaude, les vendeurs de jus d’orange alignaient leurs pyramides de fruits comme des compositions picturales, tandis que les fumées d’épices et de grillades dessinaient dans l’air des volutes presque irréelles.

Autour de la table partagée, entre le pain marocain encore chaud, les olives, les sauces épicées, les pommes de terre dorées et les plats de viande parfumée, quelque chose d’essentiel se tissait silencieusement : une forme de proximité simple, sincère, profondément humaine. Les regards circulaient avec naturel, les conversations passaient du français à l’arabe, de l’humour aux souvenirs, des projets éducatifs aux gestes du quotidien. À certains moments, je cessais presque de parler pour simplement regarder cette vie autour de moi — les familles réunies, les silhouettes traversant la place, les lumières mouvantes, les musiciens au loin, les couleurs des étoffes et des fruits sous les néons.

Marrakech devenait alors bien plus qu’une ville. Une pulsation. Une mémoire vivante. Une expérience sensorielle totale.

La route vers Ouarzazate ouvrait alors ses horizons comme une longue fresque mouvante. Les montagnes de l’Atlas défilaient dans une lumière irréelle, entre ombre et éclat, entre roche nue et touches végétales inattendues. Par moments, le paysage semblait presque silencieux, immense, minéral ; puis surgissaient soudain des villages accrochés aux reliefs, des palmiers, des maisons de terre ocre, des fleurs jaunes au bord de la route, comme des éclats de vie déposés au milieu de l’immensité. Tout semblait traversé par cette sensation étrange de passer entre plusieurs mondes : le réel, l’imaginaire, la mémoire, le cinéma.

À Ouarzazate, chaque paysage semblait déjà cadré. Chaque lumière créait une scène. Chaque déplacement devenait un mouvement de caméra. Il y avait des premiers plans — un visage, une main, une tasse de café, une porte entrouverte. Des arrière-plans — les montagnes, le désert, les palmeraies, les murs de terre rouge. Des ralentis intérieurs aussi : ces instants où le regard cesse simplement de consommer des images pour entrer réellement dans leur profondeur.

Le vent léger dans les palmiers, les couleurs du ciel au-dessus de l’oued, les structures métalliques dressées face au paysage comme des portails symboliques entre deux mondes, tout semblait participer à une même scénographie silencieuse. Même le silence possédait ici une densité particulière, comme s’il contenait à lui seul une multitude de pensées.

À l’issue de cette traversée entre Marrakech et Ouarzazate, dans cette lumière de fin de journée où le désert semblait lentement absorber les dernières couleurs du ciel, un autre moment est venu donner au voyage une profondeur humaine particulière. La veille de l’ouverture du colloque international, j’ai été invitée à dîner dans une famille marocaine traditionnelle où trois générations vivaient ensemble sous le même toit — les grands-parents, les parents et les enfants.

Les paysages immenses de l’Atlas, le silence des routes et les horizons minéraux traversés pendant des heures résonnaient encore en moi lorsque je suis entrée dans cette maison. Le regard passait soudain du vaste paysage à l’intimité du quotidien, comme un changement de focale dans un film.

Dès l’entrée, j’ai ressenti cette chaleur discrète qui ne se met pas en scène, mais qui se perçoit immédiatement dans les regards, les gestes et la manière d’ouvrir naturellement l’espace à l’autre. Les voix circulaient d’une pièce à l’autre avec fluidité, les enfants passaient librement entre les adultes, les grands-parents observaient la scène avec cette présence calme qui donne au temps familial une densité particulière.

Cette harmonie silencieuse me touchait profondément. À une époque marquée par la vitesse, les distances et les vies fragmentées, voir trois générations partager le même espace, le même repas, les mêmes conversations et la même soirée avait quelque chose de profondément apaisant.

La préparation du dîner elle-même ressemblait à un rituel de partage. Les plats arrivaient progressivement sur la table dans une atmosphère simple et chaleureuse. Chacun participait naturellement : un sourire, un geste, une attention discrète, une invitation à goûter, à reprendre, à partager encore. Rien ne semblait démonstratif. Tout paraissait couler avec évidence, comme une manière profondément enracinée d’habiter ensemble le quotidien.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont ils m’ont intégrée immédiatement dans cette intimité familiale, sans distance ni formalité excessive, comme si ma présence allait simplement de soi. Peu à peu, les titres, les fonctions et même l’idée d’être « invitée étrangère » disparaissaient. Il ne restait plus qu’une sensation très simple : celle d’être accueillie avec sincérité autour d’une table familiale, dans un moment réel de vie partagée.

Je porte aujourd’hui une reconnaissance sincère à Zahira et Mohamed Boukhch, à Ouarzazate, pour la chaleur de leur accueil, leur générosité discrète et cette manière profondément humaine de prendre soin des autres avec simplicité et naturel. À travers leur présence attentive, leurs gestes délicats et le temps partagé ensemble, le voyage a gagné une profondeur affective que je n’oublierai pas. Même le trajet du retour vers l’aéroport de Marrakech semblait prolonger cette continuité de bienveillance et de confiance, comme si les kilomètres traversés entre Ouarzazate et Marrakech effaçaient symboliquement les distances géographiques et temporelles qui séparent l’Europe et l’Afrique.

Et peut-être est-ce aussi cela que certains voyages offrent silencieusement : la possibilité d’entrer, le temps d’une soirée, dans le rythme intérieur d’une autre culture, non pas comme observateur extérieur, mais comme présence acceptée au cœur même du quotidien.

Un autre moment est venu prolonger cette impression de traverser sans cesse des mondes superposés : la visite des Atlas Studios d’Ouarzazate. En entrant dans ces décors de cinéma ouverts sur le désert, je ne savais plus exactement où s’arrêtait le réel et où commençait la fiction. Les temples égyptiens reconstitués, les hiéroglyphes, les portes monumentales, les statues, les perspectives théâtrales et les immenses plateaux baignés de lumière donnaient l’impression de voyager simultanément à travers les civilisations, les époques et les imaginaires du monde. Tout semblait conçu pour raconter des histoires plus grandes que le temps lui-même.

Je marchais dans ces décors avec une curiosité presque enfantine, fascinée par cette rencontre entre l’art, le cinéma, le patrimoine et l’illusion visuelle. À certains instants, je me surprenais à sourire simplement devant la magie du lieu — devant une caméra géante installée dans la cour des studios, devant ces cadres symboliques ouverts sur le ciel d’Ouarzazate, devant cette capacité du cinéma à transformer un espace désertique en territoire universel de création.

Cette visite a pris aussi une dimension profondément humaine grâce à la présence de Naima Seghrouchni, vice-présidente de la LIMPF et présidente du colloque international d’Ouarzazate, et de Zineb Elmadhi, l’épouse d’Adil Elmadhi, avec lesquelles j’ai partagé ces moments de découverte, d’émerveillement et de dialogue. Entre les décors monumentaux, les photographies improvisées et les échanges spontanés au milieu des plateaux de tournage, quelque chose de très naturel se construisait : une mémoire commune faite d’amitié et de francophonie vécue au quotidien.

Mais au-delà du spectacle, quelque chose de plus profond me touchait : cette manière qu’a Ouarzazate de faire dialoguer la mémoire, les cultures et les récits. Ici, les paysages deviennent décors, les décors deviennent mémoire collective, et le cinéma lui-même semble prolonger les grandes histoires humaines qui traversent les siècles. Peut-être est-ce aussi pour cela que cette ville possède une atmosphère si particulière : elle donne constamment l’impression que le réel et l’imaginaire continuent de se regarder l’un l’autre.

La visite du Musée du Cinéma d’Ouarzazate a pris une dimension encore plus particulière parce qu’elle a été vécue dans une atmosphère d’amitié, de dialogue interculturel et de curiosité partagée. J’ai eu la joie de découvrir cet univers fascinant aux côtés de mes amis marocains, les professeurs universitaires Driss Louiz et Cherqui Ameur, ainsi qu’en compagnie d’Elena Konovalova, professeure venue de Russie.

Au fil des salles, des décors monumentaux et des espaces de tournage, les échanges circulaient naturellement entre nous, mêlant regards personnels, références culturelles, souvenirs de films, réflexions sur l’art, la littérature et la transmission. Cette visite devenait alors bien plus qu’une simple découverte touristique : une véritable expérience humaine et intellectuelle, portée par la rencontre entre plusieurs sensibilités, langues et imaginaires.

Dans ces décors où tant de civilisations semblent se croiser — Égypte antique, Orient, mondes mythiques ou historiques — la présence d’amis venus du Maroc, de Roumanie et de Russie donnait presque au lieu une valeur symbolique. Comme si le cinéma, lui aussi, devenait un espace de médiation entre les cultures, capable de rapprocher les personnes bien au-delà des frontières géographiques.

Un sentiment particulier de gratitude accompagne aussi le souvenir de cette visite grâce à la présence de Monsieur Cherqui Ameur, expert dans l’art cinématographique, qui nous a guidés avec passion et générosité à travers cet univers fascinant. Ses explications, ses références culturelles et son regard sensible sur les décors, les symboles et les coulisses du cinéma ont donné une profondeur supplémentaire à cette découverte.

À travers ses paroles, les lieux prenaient vie autrement. Derrière chaque scène, chaque objet, chaque espace de tournage apparaissaient non seulement des techniques de cinéma, mais aussi une véritable réflexion sur l’image, la mémoire, l’esthétique et le pouvoir des récits. Grâce à lui, cette visite est devenue une expérience beaucoup plus riche, vivante et inspirante.

Au milieu de cette traversée multidimensionnelle et sensorielle, il y eut également le colloque.

Participer au Colloque international « Villes créatives et langue française : art, littérature et formation » au Palais des Congrès d’Ouarzazate a donné au voyage une profondeur supplémentaire. Je n’étais plus seulement voyageuse : je devenais à mon tour passeuse d’idées, médiatrice entre expériences, cultures, pédagogies et imaginaires francophones.

Mon atelier, consacré à la transformation de la classe de FLE en micro-hub créatif, s’est inscrit naturellement dans cette énergie du lieu. Les échanges avec les participants, les réflexions autour de la créativité, de l’intelligence collective, de la médiation culturelle et des mutations éducatives contemporaines résonnaient autrement ici, dans cette ville où l’art, le cinéma, le patrimoine et les récits se croisent en permanence. Pendant l’atelier, les visages, les réactions et les silences attentifs changeaient comme des variations de lumière dans une scène de film. Quelque chose circulait au-delà des mots : une envie commune de réinventer l’éducation, de créer des espaces plus humains, plus ouverts, plus sensibles au monde.

Mon atelier a également proposé une réflexion inspirée de l’approche gestaltiste de l’« ici et maintenant », intégrée au modèle VISA – Voir, Imaginer, Sentir, Agir, afin d’aider les participants à observer plus consciemment la manière dont ils perçoivent les informations, les émotions, les relations et leur propre positionnement dans le moment présent. En partant de la dynamique du groupe, des échanges vécus pendant l’atelier et des réflexions personnelles des participants, cet espace d’exploration a permis de construire une analyse critique et réflexive ancrée dans l’expérience immédiate, dans une relation authentique à soi, aux autres et au contexte interculturel partagé.

Nous avons également interagi et échangé de nombreuses idées autour de la manière de construire des passerelles entre tradition et innovation au service de l’excellence en éducation. Cette réflexion prenait un sens encore plus fort dans le contexte même du colloque, dont les travaux se déroulaient au Centre d’Épanouissement Ibn Khaldoun de l’Alliance Française d’Ouarzazate. Ce lieu symbolique incarnait parfaitement cette rencontre entre enracinement culturel, ouverture internationale, créativité pédagogique et innovation éducative, dans un contexte médiateur où la francophonie devenait à la fois langue de transmission, de dialogue et de co-construction des savoirs.

Le Maroc me révélait alors une autre forme de pédagogie : une pédagogie du regard, de la présence, de l’écoute et du lien.

Et aujourd’hui encore, lorsque je repense à ce premier voyage au Maroc, ce ne sont pas seulement des images qui reviennent. C’est un véritable tourbillon de sensations et d’émotions, une avalanche de pensées, de regards, de voix et de fragments lumineux. Comme si ce voyage avait laissé en moi non pas un souvenir figé, mais un film intérieur en mouvement permanent.

Peut-être est-ce cela, finalement, traverser un rêve éveillé : accepter qu’un lieu transforme doucement notre manière de regarder le monde — et peut-être aussi notre manière de nous regarder nous-mêmes.

La visite des deux kasbahs — la Kasbah de Taourirt à Ouarzazate et le ksar Aït Ben Haddou, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO — a profondément prolongé cette impression singulière de traverser des espaces suspendus entre histoire, mémoire, architecture et cinéma. À chaque passage, j’avais le sentiment d’entrer dans un décor à la fois réel et symbolique, où les murs de terre ocre semblaient encore porter les traces silencieuses des civilisations, des récits de voyage et des regards qui les avaient traversés au fil des siècles.

La Kasbah de Taourirt donnait l’impression d’un monde construit autant pour protéger la vie que pour préserver la mémoire. Ses passages étroits, ses escaliers façonnés dans la terre, ses cours intérieures baignées de silence, ses plafonds de bois et ses ouvertures découpant le ciel comme des cadres cinématographiques créaient une esthétique presque méditative. À certains moments, je ne savais plus si j’explorais un lieu historique ou si je circulais à l’intérieur d’un récit visuel. Depuis les hauteurs de la kasbah, les paysages se déployaient comme un immense travelling cinématographique : les montagnes de l’Atlas au loin, les palmeraies, les nuances rougeâtres du désert, les silhouettes humaines avançant lentement dans les ruelles. Tout invitait à ralentir le regard et à laisser les lieux parler autrement.

Le ksar Aït Ben Haddou prolongeait cette même sensation d’immersion dans une mémoire vivante. En traversant ce ksar mythique classé par l’UNESCO, j’avais l’impression de pénétrer dans un espace où les siècles, les cultures et les imaginaires continuaient de dialoguer silencieusement. Chaque mur semblait conserver la mémoire des anciennes caravanes reliant l’Afrique subsaharienne, le désert et les routes méditerranéennes. Mais ce lieu appartient aussi profondément à l’univers du cinéma mondial. Les perspectives ouvertes sur l’infini, la lumière du désert, les architectures en pisé et les paysages presque irréels expliquent pourquoi tant de réalisateurs y ont trouvé un territoire de création capable de traverser toutes les époques et tous les imaginaires.

De nombreux films devenus emblématiques du cinéma international ont été tournés dans cette région : Gladiator, Lawrence d’Arabie, Le Royaume des cieux, Babel, La Momie, Prince of Persia, Game of Thrones ou encore certaines scènes de James Bond. En marchant dans ces décors naturels, il devenait facile de comprendre pourquoi Ouarzazate est souvent surnommée « la porte du désert » mais aussi « le Hollywood de l’Afrique ». Ici, le patrimoine réel et l’imaginaire cinématographique semblent constamment se répondre. Les kasbahs deviennent des espaces de narration universelle où l’histoire, la fiction et la mémoire collective continuent de dialoguer à travers les images.

Ce qui me touchait particulièrement dans ces deux kasbahs, c’était précisément cette proximité constante entre patrimoine et imaginaire cinématographique. Les fenêtres ouvertes sur le ciel, les jeux d’ombre et de lumière, les passages étroits, les portes anciennes et les terrasses dominant le désert donnaient parfois l’impression que chaque détail pouvait devenir un cadre de cinéma ou une page de récit de voyage.

Peu à peu, je comprenais aussi que tout voyage mobilise simultanément plusieurs positions perceptuelles, semblables à celles que l’on retrouve dans l’art narratif, dans les récits de voyage et dans la cinématographie : l’explorateur, le guide et l’observateur. L’explorateur avance vers l’inconnu avec curiosité, émotion et désir de découverte ; le guide donne du sens, crée des liens, éclaire les chemins et facilite la rencontre avec l’autre ; tandis que l’observateur contemple, analyse, relie les détails visibles aux mouvements invisibles de la mémoire, de la culture et de l’expérience humaine.

Durant ce séjour au Maroc, ces trois positions perceptuelles semblaient alterner constamment en moi, parfois même se superposer comme dans un montage cinématographique. Il y avait la voyageuse émerveillée devant les paysages de l’Atlas ou la lumière d’Ouarzazate ; la formatrice engagée dans les échanges du colloque international ; mais aussi cette présence silencieuse qui regardait les scènes vécues avec une attention presque contemplative, comme si chaque détail portait déjà la trace d’un récit plus vaste.

Le cinéma fonctionne souvent de la même manière. La caméra explore, guide le regard du spectateur, puis s’éloigne parfois pour observer en silence. Dans les récits de voyage aussi, ces déplacements perceptuels construisent la profondeur du texte : voir, écouter, transmettre, puis réfléchir à ce qui a été vu ou entendu. Peut-être est-ce précisément dans cette circulation entre exploration, médiation et contemplation que naît la véritable expérience interculturelle.

Une autre résonance intérieure n’a cessé de m’accompagner durant ce voyage : celle de Lucian Blaga, grand poète, philosophe de la culture, ambassadeur et auteur d’œuvres majeures telles que Poèmes de la lumière, Les Pas du prophète, La Trilogie de la connaissance, La Trilogie de la culture et La Trilogie des valeurs. Il m’a semblé profondément symbolique que ce retour intérieur vers son œuvre surgisse précisément autour du 9 mai, date qui marque à la fois les 131 ans de sa naissance et la Journée de l’Europe. Comme une forme discrète de synchronicité entre mémoire culturelle, voyage, connaissance et destinée européenne.

Ses vers revenaient en moi avec une force particulière :

L’enfant rit :
« Ma sagesse et mon amour sont le jeu ! »
Le jeune homme chante :
« Mon jeu et ma sagesse sont l’amour ! »
Le vieillard se tait :
« Mon amour et mon jeu sont la sagesse ! »

Et peut-être manque-t-il encore une quatrième présence dans ce « jeu des âges » de Blaga : celle des larmes silencieuses, du tremblement intérieur que ni l’enfant, ni le jeune homme, ni le vieillard ne nomment vraiment, mais que chacun traverse à sa manière.

L’enfant rit devant le monde qu’il découvre.
Le jeune homme chante le monde qu’il désire.
Le vieillard se tait devant le monde qu’il comprend.

Mais entre le rire, le chant et le silence, il existe aussi ce moment fragile où le regard devient émotion pure — ce point de bascule où l’être humain cesse simplement d’observer pour se laisser profondément traverser par ce contraste entre ce qu’il voit ou qu’il entend à l’extérieur et ce qu’il vit intérieurement.

Le cinéma connaît très bien cette vérité-là. Derrière chaque image lumineuse existe toujours une part invisible : la nostalgie, l’absence, le vertige du temps qui passe, la beauté fragile des rencontres humaines. Peut-être est-ce pour cela que certains paysages du Maroc, certains regards croisés, certaines scènes vécues à Ouarzazate ou à Marrakech ont parfois éveillé en moi une émotion difficile à expliquer. Non pas une tristesse, mais cette forme rare de bouleversement intérieur qui surgit lorsque le réel réveille et rejoint soudain quelque chose de très profond en nous.

Cette réflexion me ramenait aussi vers Lucian Blaga, souvent surnommé « le Titan de Lancrăm », son village natal, ce « village aux larmes sans remède » évoqué dans La Chronique et le chant des âges de la vie (Hronicul și cântecul vârstelor). Il est impossible de ne pas être touché par cette étrange résonance entre le nom même de Lancrăm et le mot roumain lacrimă — la larme —, comme si toute son œuvre portait déjà, dès l’origine, la mémoire d’une sensibilité silencieuse et profonde.

Dans ses écrits autobiographiques, Blaga raconte avec une lucidité bouleversante les premières années de sa vie marquées par le silence. Pendant près de quatre ans, il ne prononça aucun mot, vivant dans une forme de mutisme mystérieux où le regard, les gestes et l’écoute semblaient remplacer le langage. Lorsqu’il parla enfin, les mots surgirent soudainement, « clairs, comme de l’argent filtré », après une longue intériorisation silencieuse du monde.

Peut-être est-ce là l’une des clés secrètes de toute sa pensée : avant de parler, apprendre à voir et à écouter le monde extérieur. Avant d’expliquer le monde, laisser d’abord entrer profondément en soi. Cette enfance traversée par le silence donne une résonance particulière à son « jeu des âges ». Le rire de l’enfant, le chant du jeune homme, le silence du vieillard et même les larmes invisibles semblent appartenir à une même connaissance intérieure du monde.

Et peut-être le cinéma muet rejoint-il lui aussi cette expérience originelle du regard. Avant que les voix ne remplissent l’écran, les premiers films racontaient déjà le monde par la lumière, les gestes, les visages, les regards et les silences. Comme dans l’enfance muette de Blaga, quelque chose se transmettait avant même les mots : une émotion, une présence, une vérité intérieure. Le spectateur traversait alors les images comme le voyageur traverse les paysages — avec ses propres mémoires, ses blessures invisibles, ses émerveillements et ses questions intérieures. Dans cette perspective, le cinéma muet devient lui aussi une forme de connaissance sensible, un espace où le visible et l’invisible dialoguent constamment.

Alors le voyage cesse d’être seulement un déplacement géographique. Il devient mémoire sensible. Et dans cette mémoire, le rire, le chant, le silence et les larmes appartiennent finalement au même langage humain.

Comment autrement pourrais-je refermer ce journal réflexif consacré à ma première expérience de voyage au Maroc, sur le continent africain, sinon par des remerciements et une profonde reconnaissance ?

Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à toute l’équipe de la Ligue Marocaine des Professeurs.e.s de Français (LIMPF) pour la qualité humaine et intellectuelle de l’organisation du Colloque international d’Ouarzazate. Ma reconnaissance va tout particulièrement à Driss Louiz, Naima Seghrouchni, Massira El Mouhader, Brahim Sedram, Asmae Senhaji, membres du comité d’organisation du colloque au sein de la LIMPF, à Ahmed Choukri, président de l’Alliance Française d’Ouarzazate, ainsi qu’à l’ensemble des invités et intervenants qui ont contribué, avec générosité, engagement et professionnalisme, à faire de cette rencontre un véritable espace de dialogue, de créativité, de réflexion et de francophonie vécue : Pierre-Jean Benghozi, Nathalie Watteyne, Arnaud Huftier, Az-Eddine Nozhi, Chakib Tazi, Cherqui Ameur, Fanny Dhéron, Karim Loulidi, Abdelkrim Oubella, Abdelaziz Lakhmour, Daoud Aoulad-Syad, Ali Essafi et Ghizlane Assif.

Ma gratitude la plus profonde va également à Adil Elmadhi et à sa famille, à qui je dois non seulement cette invitation au Maroc, mais aussi cette manière profondément chaleureuse de m’avoir accueillie et intégrée dans leur univers familial. Grâce à eux, j’ai découvert un Maroc vivant et pluriel, profondément enraciné dans ses traditions, tout en étant tourné vers la modernité, l’innovation, l’ouverture culturelle et intellectuelle incarnées par le contexte même du colloque international d’Ouarzazate.

Ces rencontres humaines ont donné à cette première expérience africaine une profondeur bien plus vaste qu’un simple déplacement académique ou culturel. Elles ont permis de prolonger cette sensation précieuse de lien humain qui dépasse les distances géographiques et temporelles séparant l’Europe et l’Afrique. Peut-être est-ce aussi cela, au fond, la véritable force de la francophonie : créer des passerelles invisibles entre les cultures, les familles, les imaginaires et les sensibilités humaines.

Et peut-être est-ce là, finalement, l’un des plus grands paradoxes de notre époque technologique : malgré les avancées spectaculaires de l’intelligence artificielle, la conscience humaine demeure irréductible à toute logique algorithmique. La machine peut analyser, reproduire, accélérer, générer des images, des textes, des voix ou des simulations de réalité ; mais elle ne pourra jamais habiter pleinement ce territoire mouvant et vivant qu’est l’expérience humaine consciente.

Car l’esprit humain possède cette capacité extraordinaire de relier autrement, à chaque instant, les images, les émotions, les souvenirs, les perceptions et les sensations. Même lorsque les actions semblent se dérouler dans un cadre identique, jamais les émotions, les regards ou les résonances intérieures ne se reproduisent exactement de la même manière. C’est peut-être cela, au fond, le véritable paradoxe du contraste mental : cette faculté profondément humaine de recréer sans cesse du sens à partir d’un même réel.

Je pense souvent à cette triple immensité : l’océan des eaux, l’océan numérique du monde connecté et l’océan invisible des pensées humaines. L’océan marin porte les mémoires profondes de la Terre ; l’océan digital appelé Internet conserve les traces de nos archives, de nos découvertes scientifiques et technologiques, de nos images et de nos récits contemporains ; mais l’océan intérieur de la conscience humaine demeure encore plus vaste, parce qu’il est vivant, mouvant, imprévisible et profondément lié à l’imagination, à la perception et à la mémoire.

Le cinéma lui-même nous rappelle cette vérité. Avant tout, un film n’est qu’une succession d’images, de plans découpés, assemblés image par image pour devenir pellicule, mouvement et narration. Pourtant, aussi mémorable soit-il, aucun film ne pourra jamais rivaliser entièrement avec la vie elle-même. Parce que seule la conscience humaine possède cette capacité de redonner vie au passé, de transformer les souvenirs, de faire renaître les émotions et de reconnecter différemment les images intérieures selon chaque instant vécu.

La mémoire humaine ne se limite pas à l’archivage des données. Elle est mémoire profonde de nos valeurs spirituelles, culturelles et identitaires ; mémoire récente des découvertes scientifiques, des technologies et des transformations du monde ; mais aussi mémoire vivante que nous construisons jour après jour dans l’école, dans les relations humaines, dans les expériences partagées et dans les espaces de transmission culturelle.

Le cerveau humain possède cette puissance de neurogenèse et de neuroplasticité qui lui permet de créer constamment de nouvelles connexions, de transformer ses perceptions, de réinventer ses représentations et de renaître intérieurement sous d’autres formes, ici et maintenant, indépendamment des intersections entre espace et temps. Même lorsque les mentalités évoluent lentement, même lorsque les tensions entre tradition et innovation semblent parfois difficiles à concilier, cette dynamique du vivant continue de construire des ponts entre l’ancien et le nouveau.

Peut-être est-ce précisément cette tension créatrice qui rend le changement possible. Une tension féconde où les formes anciennes ne disparaissent jamais totalement, mais deviennent le fond à partir duquel émergent de nouvelles figures, de nouvelles Gestalt, de nouvelles manières de voir, de sentir, de penser et d’habiter le monde. Et tant que cette capacité de transformation intérieure existera, l’être humain restera toujours plus vaste que les images ou les films qu’il produit lui-même.

Retour en images sur le Colloque international

🌍Villes créatives et langue française : Art, Littérature et Formation. Quels potentiels à l’ère des mutations culturelles, numériques et éducatives ?

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Villes créatives et langue française : Art, Littérature et Formation. Quels potentiels à l’ère des mutations culturelles, numériques et éducatives ?

🌍✨ Et si la langue française devenait un laboratoire vivant de créativité, d’innovation et de sens ? ✨🌍

📍 Du 4 au 6 mai 2026, j’aurai la joie de participer au Colloque international « Villes créatives et langue française : art, littérature et formation », au Palais des Congrès d’Ouarzazate, au Maroc.

💛 Je suis profondément enthousiaste et reconnaissante pour cette invitation qui ouvre un nouvel espace de rencontre, de partage et de co-création autour de la francophonie.

Trois jours d’exploration où la langue française se réinvente comme un espace de rencontre entre création, culture, numérique et intelligence artificielle, portés par un dialogue vibrant entre chercheurs, enseignants et créateurs.

🎯 J’y animerai un atelier autour d’une idée qui m’est chère : Transformer la classe de FLE en un micro-hub créatif, où langue, culture, numérique et coopération se rencontrent pour construire une identité francophone plurielle.

🧭 Un programme riche et inspirant :

🎤 Conférences plénières animées par des intervenants de renom:

🧠 Ateliers thématiques : image 🎬 | écriture ✍️ | cinéma 🎥 | FLE 📚 | IA 🤖 | créativité 🎨

📖 Soirée littéraire : le français, langue de poésie et d’émotion

🎞️ Projections de films en lien avec l’identité d’Ouarzazate

🔬 Communications scientifiques autour de la didactique et du numérique

🏜️ Sortie culturelle pour découvrir la richesse du patrimoine local

🔗 Inscription : https://villescrea26.sciencesconf.org/registration?lang=fr

💬 Au plaisir de porter ensemble la voix d’une francophonie vivante, créative et engagée.

#Francophonie#FLE#InnovationPédagogique#IA#VillesCréatives#Ouarzazate#Éducation#Créativité

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CinéAction : la médiation culturelle et la conscience civique à travers la mobilité Erasmus+

🎬🌱 CinéAction – Mobilité Erasmus+ à Bursa, en Turquie

La mobilité CinéAction: Promoting Environmental Awareness Through Cinema, réalisée à Bursa, en Turquie, dans le cadre du projet Erasmus+ JANE – Eco-Explorers: Youth in Action for Nature and Environment, s’est imposée comme une expérience qui a largement dépassé sa dimension formelle et institutionnelle, pour se configurer en un véritable espace de formation où apprentissage, création et réflexion se sont articulés dans une dynamique cohérente et profondément transformatrice.

Dans ce cadre, le voyage ne s’est pas réduit à un simple déplacement ni à une succession d’activités, mais a fonctionné comme une expérience d’apprentissage complexe, capable de générer des transformations simultanées aux niveaux cognitif, créatif et identitaire. Il a impliqué non seulement une éducation du regard, mais aussi le développement de la créativité, de la pensée critique et de la conscience civique, tout en contribuant à une compréhension plus nuancée du monde et de l’altérité.

Cette transformation s’est construite progressivement, au sein d’un parcours pédagogique soigneusement élaboré, dans lequel chaque étape a contribué à approfondir l’expérience. Des premiers moments de rencontre et de constitution des équipes internationales, jusqu’aux ateliers de storytelling, de tournage et de montage, l’ensemble du dispositif a suivi une logique de passage de la participation à l’engagement et de l’expérience à l’expression. L’apprentissage n’a pas été transmis, mais construit à travers l’interaction, la collaboration et l’implication active.

La dimension cinématographique du projet a offert le cadre dans lequel cette expérience a pu être organisée et exprimée. Le processus de réalisation des courts-métrages — de l’idée au produit final — a impliqué sélection, interprétation et construction du sens. Filmer a signifié choisir un point de vue, tandis que monter a consisté à structurer l’expérience dans une forme cohérente. Ainsi, les participants ne sont pas restés de simples observateurs du réel, mais sont devenus auteurs et médiateurs de celui-ci, capables de transformer le vécu en discours visuel.

La créativité a ainsi fonctionné comme une forme authentique de connaissance, tandis que la pensée critique s’est développée de manière naturelle, dans le contexte de la nécessité de sélectionner, d’argumenter et de prendre des décisions. Chaque production finale a reflété non seulement des compétences techniques, mais aussi une prise de position, une interprétation et un engagement.

Par ailleurs, la dimension interculturelle de la mobilité a conféré à l’expérience une densité particulière. La rencontre avec l’altérité ne s’est pas limitée à une simple exposition à la différence, mais a impliqué un processus continu de médiation, dans lequel les perspectives ont été mises en dialogue et les significations négociées et reconstruites. Le travail en équipes internationales a favorisé la constitution d’un espace de co-construction, où l’identité ne s’est pas figée, mais s’est reconfigurée en relation avec l’autre.

La dimension civique de l’expérience s’est également construite de manière organique, en lien avec la thématique du projet. Les enjeux liés à l’environnement et à la durabilité n’ont pas été cantonnés à un niveau déclaratif, mais ont été intégrés dans un processus de réflexion et d’action, invitant les participants à transformer la prise de conscience en message, et le message en engagement.

Le sens profond de cette expérience s’est toutefois révélé au moment du retour, lorsque le vécu a été repris, réinterprété et partagé. À la Bibliothèque Municipale « Radu Rosetti » d’Onești, l’expérience de la mobilité a repris vie devant la communauté locale, à travers un événement de dissémination porté par les élèves participants — volontaires de l’Association CTCM Onești et élèves du Collège National « Grigore Moisil » d’Onești.

Dans ce contexte, l’expérience a été reconstruite et transposée en un discours cohérent, dans lequel le vécu est devenu intelligible et pertinent pour les autres. La dissémination n’a pas constitué une simple transmission d’informations, mais un véritable processus de médiation culturelle, au cours duquel les participants sont devenus porteurs de sens, capables de traduire leur expérience dans une forme accessible et signifiante.

Dans cette perspective, la dissémination peut être comprise comme une forme contemporaine du journal de voyage, élargie à une dimension collective et dialogique. L’expérience n’a pas été fixée dans un récit individuel, mais partagée, négociée et réinterprétée, devenant une mémoire commune et un espace de réflexion partagée.

Ainsi, la mobilité Erasmus+ à Bursa s’est configurée comme un espace de formation complexe, dans lequel le voyage a fonctionné comme un opérateur de transformation. Elle a articulé compétences, relations et formes d’expression, dessinant une pédagogie du regard adaptée à la complexité du monde contemporain.

Au-delà des activités et des résultats, ce qui demeure est cette capacité à comprendre plus profondément, à créer avec sens et à agir avec responsabilité. Car, en définitive, le voyage ne se définit pas seulement par les lieux traversés, mais par la manière dont l’expérience vécue se transforme en connaissance et se prolonge dans ce que nous choisissons de devenir.

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CinéAction: cultural mediation and civic awareness through Erasmus+ mobility

🎬🌱 CinéAction – Erasmus+ Mobility in Bursa, Turkey

The CinéAction: Promoting Environmental Awareness Through Cinema mobility, carried out in Bursa within the Erasmus+ project JANE – Eco-Explers: Youth in Action for Nature and Environment, emerged as an experience that clearly went beyond its formal-institutional dimension, becoming a genuine learning environment in which education, creativity, and reflection were articulated within a coherent and deeply transformative dynamic.

From my perspective as a teacher participating in this mobility, as well as the Romanian project coordinator and founding president of the CTCM Association – Mediation, Consulting and Training, Center — a partner organization in the project — this experience gained an additional level of depth through the overlap of responsibilities, reflection, and engagement.

On the one hand, the mobility provided a direct framework for observing and understanding how young people learn in non-formal contexts, through active involvement and international collaboration. On the other hand, it became a space for pedagogical analysis and for validating educational practices that move beyond traditional teaching models, focusing instead on the development of complex and transferable competences.

In this context, travel was not reduced to a simple movement or a sequence of activities, but functioned as a meaningful learning experience capable of generating simultaneous transformations at cognitive, creative, and identity levels. It involved not only the education of perception, but also the development of creativity, critical thinking, and civic awareness, contributing to a more nuanced understanding of the world and of otherness.

This transformation unfolded progressively within a carefully structured pedagogical framework, in which each stage contributed to deepening the experience. From the formation of international teams to the creation of final products, the process followed a logic of transition from participation to engagement and from experience to expression. Learning was not transmitted, but constructed, and this was reflected in the way participants assumed active roles in the creative process.

The cinematic dimension of the project provided a particularly relevant framework for this transformation. The process of creating short films required not only technical skills, but also the ability to select, interpret, and construct meaning. From this perspective, participants became not only content creators but also mediators of reality, capable of translating experience into a coherent and meaningful visual language.

As a teacher and the Romanian project coordinator, I was able to observe how this type of activity stimulates the development of critical thinking. The need to make decisions, justify choices, and construct a final product generated an authentic process of reflection and responsibility. Creativity was not an end in itself, but a means of understanding and expression.

The intercultural dimension of the mobility was equally significant. Working in international teams created a space of cultural mediation in which differences were not diminished, but valued. From my perspective as a coordinator and trainer, this confirms the importance of integrating intercultural experiences into students’ education, not merely as exposure, but as an active process of negotiation and reconstruction of meaning.

At the same time, the civic dimension of the experience developed organically in relation to the project’s theme. Environmental education did not remain at a theoretical level but was integrated into activities that encouraged awareness and engagement. From an organizational perspective, this approach confirms the relevance of Erasmus+ projects as tools for developing active, responsible, and engaged young people.

A key moment of the experience was the return and the process of dissemination. The event organized at the “Radu Rosetti” Municipal Library in Onești represented not only a stage of project valorization, but also a moment of collective reflection. The participating students — volunteers of the CTCM Association Onești and students of the “Grigore Moisil” National College — succeeded in transforming their lived experience into a coherent and meaningful discourse for the local community.

From this perspective, dissemination can be understood as a form of cultural mediation and as an extension of the learning experience. Participants did not simply transmit information, but reconstructed and interpreted their experience, becoming active actors in the educational process.

In light of these observations, the Erasmus+ mobility in Bursa can be considered a relevant example of good practice in non-formal and intercultural education. It demonstrated that learning becomes truly meaningful when it is lived, reflected upon, and shared.

For me, this experience also had a confirmatory value: it validated that the directions we are developing within the CTCM Association — in terms of training, mediation, and competence development — are not only relevant, but essential in a continuously evolving educational context.

Ultimately, what remains of this mobility is not only the experience itself but also the way it continues to generate meaning, inspire, and open new perspectives. Because the true value of such an experience is measured not only by what was achieved, but by what becomes possible afterward.

#ErasmusPlus #YouthExchange #JaneEcoExplorers #EnvironmentalAwareness #CinemaEducation #CinéAction #GlobalCitizenship #Bursa #CTCMAssociation #Dissemination

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Retour sur la Journée Internationale de la Francophonie 2026

À l’occasion de la Journée Internationale de la Francophonie, nous avons eu le plaisir de vivre une expérience de grande qualité grâce à l’événement en ligne « Voyages francophones », véritable espace de rencontre, de réflexion et de partage.

Dans un contexte mondial marqué par le bruit informationnel et les transformations rapides liées à l’intelligence artificielle, nous avons choisi de mettre en lumière l’éducation aux médias et le développement de l’esprit critique comme des compétences essentielles pour comprendre, analyser et agir avec discernement dans le monde contemporain.

🌍 Cet événement s’est affirmé comme un moment fort de dialogue interculturel, soulignant le rôle fondamental de la langue française dans la construction d’une pensée nuancée, ouverte et responsable.

📊 Nous nous sommes réjouis d’une présence nombreuse et engagée, aussi bien sur Zoom que sur Facebook Live, signe d’un intérêt durable pour ces enjeux majeurs.

🙏 Nous exprimons notre sincère reconnaissance à nos intervenants pour la qualité de leurs analyses et la richesse de leurs contributions :
Veronica Loredana Balan, ✨ Adil Elmadhi et ✨ Driss Louiz, professeurs des universités, ✨ Bruno Demaille, médiateur et négociateur international, ainsi que ✨ Virginia Brăescu, professeure doctorante, médiatrice culturelle et modératrice de l’événement.

✨ Nous remercions chaleureusement l’ensemble des participants, collègues et partenaires francophones, pour leur présence active, la pertinence de leurs interventions et la qualité des échanges.
Votre engagement confirme que la Francophonie est un espace vivant de collaboration, d’intelligence collective et d’évolution continue.

Ensemble, nous poursuivons cette dynamique en construisant des ponts entre les cultures, en développant l’esprit critique et en affirmant le rôle de la langue française comme vecteur de paix, de sens et d’innovation.

VOUS POUVEZ REVOIR L’ÉVÉNEMENT PUBLIÉ SUR FACEBOOK :
https://fb.watch/FXR_CNt0KR/

ÉVÉNEMENTS À VENIR
Nous espérons que cet événement vous a offert une source d’inspiration renouvelée pour enrichir vos pratiques pédagogiques.
De nouveaux événements, formations et ressources sont en préparation. Nous sommes très heureux de vous inviter à notre prochain événement en ligne qui aura lieu le 23 avril 2026.
 INSCRIPTION

Du fait à l’opinion : entre vérité et illusion

🔷 Comment faire face à la désinformation à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle ?

🔗 Lien d’inscription pour les participants https://forms.gle/Yq2Ef9Aixjev5YGQA

🧰 À travers une approche interactive, les participants découvriront une boîte à outils concrète :

🔎 Vérifier • ❓ Interroger • 🎯 Sélectionner • 🚀 Agir

Date : Jeudi 23 avril 2026

💻 Format : En ligne (Zoom)

🕔 Horaire : 17h–19h (au Maroc et en France) | 18h–20h (en Roumanie)

📩 INSCRIPTIONS OUVERTES!

#Francophonie #VoyagesFrancophones #EducationAuxMedias #EspritCritique #Paix #Sellification4EDUcation #DialogueInterculturel #FLE

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La Journée Internationale de la Francophonie – édition 2026

🌍📚 Chers collègues, enseignants et amis de la Francophonie, 📚🌍

Nous vivons dans un contexte global tendu où les jeunes sont exposés chaque jour à des informations fausses et à des manipulations médiatiques.

Comment former l’esprit critique de la nouvelle génération à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle ?

Confrontée à ce défi majeur de l’école aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Internationale de la Francophonie – édition 2026 , nous avons le plaisir de vous inviter à participer à l’événement en ligne :

« Voyages francophones » ✨, une rencontre dédiée à la paix, à l’éducation aux médias et au rôle de la langue française dans la formation de l’esprit critique et du dialogue interculturel.

🗓️ Jeudi 19 mars 2026

🕓 16h00 – 18h00 (Maroc)

🕕 17h00 – 19h00 (France)

🕕 18h00 – 20h00 (Roumanie)

💻 En ligne – Zoom & Facebook Live

✍️ Inscription

La participation est gratuite, sur inscription préalable via le formulaire Google:

🔗https://forms.gle/rtanNeo2m66D1c4D9

Le lien de connexion Zoom sera transmis par e-mail aux participants inscrits.

🌍 🎤 Allocutions

Veronica-Loredana Balan ⭐Professeur des universités et directrice de l’École doctorale de l’Université « Vasile Alecsandri » de Bacău. Experte en littérature française, elle porte sur les études médiévales et renaissantes, l’histoire de la traduction et les études sud-est européennes. Elle mène ses travaux au sein du groupe de recherche Espace(s) de la fiction (Université « Vasile Alecsandri » de Bacău) ainsi qu’au Centre Iconographè – Centre d’Études en philologie, en iconographie médiévale et en réception du Moyen Âge (Université de Bucarest).

Florentina Stanciu ⭐ Inspectrice pour le français – FLE et les langues romanes, Inspection Scolaire du Département de Bacău, Enseignante de FLE au Collège National « Ferdinand I »; Formatrice et autrice; Membre de l’Union des Écrivains de Roumanie.

🌍 🎤 Intervenants / Formateurs

Adil Elmadhi ⭐Vice-Président de la FIPF – Fédération Internationale des Professeurs de Français, Professeur des universités, l’Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc, Auteur et formateur international, Président de la Ligue Marocaine des Professeurs(es) de Français – LIMPF.

Bruno Demaille ⭐Médiateur et négociateur international, spécialiste de la communication non conflictuelle et de la gestion constructive des conflits. D’origine française et installé en Roumanie depuis plus de vingt ans, il intervient comme formateur et médiateur dans les domaines éducatif, social et institutionnel. Ses formations mettent l’accent sur l’écoute active, la qualité du dialogue et la transformation des tensions en opportunités de coopération.

Driss Louiz ⭐Professeur des universités, l’Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc; Docteur en Didactique du FLE; Auteur, formateur international, expert en technologies éducatives; Membre de la Ligue Marocaine des Professeurs(es) de Français – LIMPF.

Virginia Brăescu ⭐ Professeure de FLE au Collège National « Grigore Moisil », Onești, Roumanie; Formatrice, médiatrice et modératrice; Autrice et manager de projet et d’innovation; Doctorante en littérature française à l’Université « Vasile Alecsandri » Bacău, Roumanie; Membre de l’ARPF – Association Roumaine des Professeurs Francophones.

Răzvan Curcubătă ⭐ Président de l’Association Sellification4Education, Coordonnateur technique de l’événement.

Nous serions profondément honorés de votre présence.

Ensemble, célébrons la francophonie comme un espace de dialogue, d’éducation et de paix!

Echipa Asociatia SELLification4EDUcation

Publicat în Qui suis-je?

Qui suis-je?

Si l’on regarde attentivement l’histoire des civilisations, on découvre que la créativité est d’abord une énergie de transformation qui crée, relie, régénère.

Dans de nombreuses cultures, la femme apparaît comme une figure de passage entre les mondes : entre la matière et l’esprit, entre la mémoire et l’avenir, entre l’intime et le collectif. Cette posture ne relève pas seulement du symbolique. Elle se manifeste dans les gestes mêmes de la création artistique.

La main qui peint, la voix qui écrit, le regard qui imagine portent en elles une énergie particulière : une capacité d’ouvrir de nouveaux espaces, de transformer la réalité sensible en expérience partagée.

C’est ce que l’on ressent dans l’univers pictural de Hamsi Boubeker. Les figures féminines sont entourées de motifs, de signes, de couleurs qui évoquent un réseau vivant de relations.

Source des images: https://www.hamsi.be/

La femme apparaît comme un centre d’énergie créatrice, un foyer autour duquel les formes s’organisent et se déploient. Les ornements deviennent des récits. Les regards deviennent des passages. Les corps deviennent des paysages symboliques.

Cette présence féminine n’est ni fragile ni figée. Elle est dynamique, presque cosmique. Elle porte en elle la mémoire des cultures et la promesse de leurs métamorphoses.

Le féminin crée souvent dans une logique de continuité. Il tisse. Il assemble. Il relie des fragments de sens pour en faire un horizon commun.

Dans l’art, cette posture se manifeste par une sensibilité aux détails, aux rythmes, aux couleurs, aux symboles qui traversent les cultures. Elle transforme l’acte artistique en un geste de médiation.

La peinture devient alors un espace de rencontre entre les imaginaires.

La poésie, de son côté, ouvre un espace de résonance intérieure où les mots deviennent des passerelles entre les expériences humaines.

Lorsque ces deux formes d’expression dialoguent, elles révèlent quelque chose d’essentiel : la créativité n’est pas seulement un talent individuel. Elle est une énergie circulante, une dynamique qui relie les êtres humains au-delà des frontières.

Dans un monde souvent fragmenté, l’art possède cette rare capacité de réintroduire du lien. Les couleurs d’un tableau, les rythmes d’un texte, les formes d’une image peuvent devenir des lieux de reconnaissance mutuelle. Ils permettent de percevoir ce que les cultures ont de singulier, mais aussi ce qu’elles partagent.

La créativité féminine joue souvent un rôle discret mais essentiel dans ce processus. Elle invente des langages sensibles, transforme les expériences individuelles en récits collectifs et fait circuler une mémoire vivante entre les générations.

C’est peut-être pour cette raison que, dans tant de traditions artistiques, la figure féminine apparaît comme une gardienne du mouvement de la vie. Non pas parce qu’elle détient un pouvoir particulier, mais parce qu’elle incarne une manière d’habiter le monde : avec attention, avec sensibilité, avec une capacité d’écoute qui permet aux cultures de dialoguer.

La créativité ne consiste pas seulement à produire des œuvres. Elle consiste aussi à ouvrir des horizons, à inventer de nouvelles formes de relation entre les êtres et entre les cultures.

Dans ce dialogue des arts, entre poésie et peinture, entre regards et couleurs, entre mémoire et invention, apparaît une vérité simple mais profonde : la créativité est toujours une énergie de vie qui, lorsqu’elle s’exprime à travers la sensibilité féminine, devient une force capable de transformer silencieusement notre manière de voir le monde.

Car créer, au fond, c’est apprendre à faire circuler la lumière.

Publicat în Coaching, Design Your Self, Dezvoltare personală și profesională, Mentorat de echipă, Smile Vision Academy, Training

De la epuizare la echilibru: evoluție conștientă și transformare reală

Salut!

🌿 În luna aprilie lansez o nouă sesiune de formare, urmată de mentorat în dinamică de grup și coaching individual personalizat, dedicate dezvoltării personale și performanței profesionale.

Un parcurs structurat în trei etape complementare:

🔹 Formare – claritate conceptuală, instrumente validate și strategii aplicabile imediat
🔹 Mentorat de grup – susținere, reflecție ghidată, învățare colaborativă și responsabilizare
🔹 Coaching individual – obiective personalizate, depășirea blocajelor și plan de acțiune concret

Această experiență este pentru tine dacă îți dorești:

✔ echilibru interior și energie stabilă
✔ încredere autentică în tine
✔ claritatea obiectivelor
✔ performanță sustenabilă, fără epuizare
✔ evoluție conștientă și transformare reală

Nu este doar un program de dezvoltare personală. Este un proces de reconstrucție interioară și optimizare strategică, construit pe evidențe științifice, experiență profesională solidă și practică aplicată.

📩 Pentru înscriere și calendar, click pe link și completează formularul.

Virginia Brăescu
Profesor |  Formator | Mentor | Coach

Manager de proiect și inovare

Smile Vision Academy

🌐 https://virginiabraescu.net

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Publicat în Événements, Capitale mondiale du livre, Cartea care te Inspiră, La médiation de la lecture, Mediatorul cărții, World Book Capital

La lecture, un projet de société

Depuis 2001, la Capitale mondiale du livre (World Book Capital) met en lumière, sous l’égide de l’UNESCO, des villes qui font de la lecture bien plus qu’une pratique culturelle : un véritable levier de connaissance, de dialogue interculturel et de développement durable. Ce titre prestigieux récompense une vision à long terme, fondée sur des politiques publiques et des initiatives capables de transformer le livre en acteur central de la vie sociale.

Pour 2026, cette reconnaissance internationale revient à Rabat (Royaume du Maroc). Ce choix souligne la cohérence, la richesse et la portée internationale des projets portés par la ville : programmes éducatifs, actions en faveur de l’inclusion par la lecture, valorisation du patrimoine écrit et ouverture vers les cultures du monde. Rabat incarne ainsi une capitale où le livre circule, relie et inspire.

Au cœur de cette distinction se trouve un principe fondamental : la coopération entre les trois piliers de l’industrie du livrel’édition, les bibliothèques et les librairies. Ensemble, ils forment un écosystème vivant et équilibré, garantissant que le livre soit créé, diffusé et accessible à tous, quels que soient l’âge, l’origine sociale ou le parcours éducatif.

À travers le choix de Rabat, la Capitale mondiale du livre 2026 rappelle que la lecture n’est pas un luxe, mais une force de transformation collective. Elle nourrit l’esprit critique, renforce la citoyenneté et construit des ponts durables entre les cultures. Plus qu’un titre honorifique, cette distinction est une invitation à repenser le rôle du livre dans nos sociétés contemporaines.


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#DialogueInterculturel #CultureSansFrontieres #CitoyenneteCulturelle #Francophonie